Conscient que son équipe n'a pas toujours été au rendez-vous, mais a atteint l'objectif fixé, Franck Maurice l'entraîneur saintais a construit son nouveau groupe pour le prochain exercice. Pour le responsable, son choix s'est porté sur des joueurs capables d'apporter une assise solide dans le secteur défensif. C'était la priorité du recrutement qui est quasiment bouclé.
Il y a un an, vous aviez dit « l'objectif est le maintien ».
En terminant 8e sur 14, le contrat est rempli.
Tout à fait. Sur le plan comptable, c'est satisfaisant. Maintenant, lorsque l'on analyse les résultats et le déroulement de la saison, je pense que l'on peut être un peu déçu.
Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?
Lorsque l'on examine les deux phases du championnat, je note que la 2e n'est pas en adéquation avec la première en terme de victoires. La répartition n'est pas équilibrée. Les joueurs ont été cohérents, mais notre fléchissement s'est produit lorsque nous avons perdu contre le dernier, Vernon. Une défaite qui n'était pas prévisible.
Mais elle a surpris tout le monde.
Oui, même moi. Peut-être qu'à un moment donné je n'ai pas su trouver les mots pour redéfinir l'objectif mobilisateur. Nous avons assuré le maintien à cinq journées du terme. Ce fut un peu laborieux, mais nous y sommes arrivés. Parfois, nous avons vécu des moments compliqués sans trouver la véritable raison de ces échecs à répétition, surtout à domicile.
Vous êtes arrivé à Saintes sans avoir pris part au recrutement, aujourd'hui ce n'est pas le cas...
Nous avons pris du temps pour construire ce nouveau groupe. Bâtir une équipe plus compétitive, plus solide tout en tenant compte de paramètres qui ont changé en cours de route.
Vous faites allusion à la crise économique ?
Il est difficile de l'occulter et de ne pas en tenir compte. Elle a déteint sur le sport en général.
Heureusement, malgré ces difficultés, nos partenaires ne nous pas lâchés, ils continuent à nous soutenir et les dirigeants tiennent bon la barre.
Vous avez pu quand même mettre sur pied un groupe tel que vous le souhaitiez.
J'ai eu carte blanche dans le recrutement. J'ai proposé des noms. Après, les responsables du club sont intervenus car ils ont dû prendre en compte les données salariales. Pour l'heure, le marché est plus favorable aux clubs qu'aux joueurs. C'est le contexte actuel qui le veut. Les budgets sont limités.
On doit faire avec les moyens dont on dispose. Actuellement, le recrutement prestigieux est mis entre parenthèses. Je crois que les dirigeants se sont montrés judicieux dans leurs choix et cohérents dans la gestion.
Ces nouvelles recrues, c'est donc vous qui les avez choisies ?
Oui, je les ai contactées parce que je les connaissais (« Sud Ouest » des 5 et 9 juin) excepté Nunez (ailier, ex Toulouse, LNH) pour lequel nous avons pris des renseignements. Nous venons de connaître une saison difficile dans le secteur défensif. Nous avons fini meilleure attaque du championnat, avec le meilleur buteur de D2 (il s'agit de François Woum-Woum), mais en défense j'ai relevé de sérieuses lacunes.
Vous avez voulu muscler votre défense ?
Si l'on veut empêcher de prendre trop de buts malgré d'excellents gardiens, (Pavillard et Sargenton), produire du jeu, se montrer dangereux en récupérant des ballons, tout passe par une défense efficace avec des joueurs costauds.
Vous les avez donc trouvés ?
Pour les avoir vus jouer (Ferreiro, ex Nantes, LNH), ou entraînés à l'instar de Dupil (ex Besançon, D2), je sais qu'ils doivent répondre à une attente. J'avais besoin de bagarreurs. Je conçois la construction d'une équipe comme l'utilisation d'une caisse à outils. On prend l'instrument dont l'on a besoin à un moment donné. Disposer d'un certain arsenal pour répondre aux problèmes qui nous seront posés.
La phase de préparation qui débute le 27 juillet sera axée sur le secteur défensif. Je m'enrichis d'un 2e pivot de qualité, Florent Ferreiro. Avec Manu Péraud, il apportera d'autres atouts.
Leur complémentarité m'offrira certaines possibilités de jeu que je n'ai pas eu au cours de la saison. Garder de la fraîcheur offensive en y ajoutant de l'agressivité et du combat en défense dans un prochain championnat qui s'annonce d'ores et déjà très compliqué.
Votre recrutement est bouclé ?
Quasiment. Il manque encore un joueur sur le côté droit qui pourrait être polyvalent. Être à la fois un ailier - arrière capable d'intervenir en fonction de certaines situations et surtout de renforcer le couloir droit.
Pour l'heure, il s'agit d'une éventualité. Nous avons encore un peu de temps pour nous décider.
Apparemment, ce groupe que vous avez dans un premier temps imaginé, puis matérialisé, vous donne satisfaction sur le papier.
Je le souhaitais ainsi. Je le répète, j'ai avancé des noms. Les dirigeants ont répondu à mon attente.
Maintenant, la préparation sera ponctuée d'une série de matchs amicaux dont certains se dérouleront à l'extérieur, d'autres au gymnase du Grand Coudret. Ce sera une revue d'effectif avec des solutions de jeu qui doivent se mettre rapidement en place. Nous sommes dans le bon tempo.

